Par Alexandre Terrigeol
Début novembre, s’est tenue la rencontre du Réseau Canadien de Surveillance des Migrations (RCSM) au siège social d’Oiseaux Canada, près de Long Point, Ontario. L’objectif ? Rassembler près de 30 observatoires canadiens afin de faire le point sur les avancées des différents projets de recherche, commencés pour plusieurs il y a plus de 30 ans. L’occasion a également permis de discuter des défis rencontrés et des adaptations mises en place pour maintenir ces suivis essentiels.
Un réseau d’observatoires
Fondé en 1998, le RCSM est un vaste réseau collaboratif composé de plus de 30 observatoires d’oiseaux et stations de recherche répartis dans tout le Canada, y compris l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac. Il est le fruit d’une collaboration pancanadienne entre des observatoires d’oiseaux indépendants, Oiseaux Canada et Environnement et Changement climatique Canada. Ces observatoires recueillent de l’information à long terme sur l’état de santé et les tendances populationnelles de plus de 200 espèces d’oiseaux, constituant ainsi une masse de données scientifiques qui fait progresser les connaissances sur les oiseaux et leurs migrations.
Le Réseau poursuit deux objectifs principaux :
- Produire des données de recherche et de surveillance de grande qualité portant sur les tendances populationnelles, la provenance des oiseaux, les couloirs/voies de migration, les périodes de migration ou de dispersion, les haltes migratoires et d’autres aspects de l’écologie des oiseaux en migration.
- Influer sur la conservation aviaire en rendant les données facilement accessibles aux observatoires membres, à la communauté scientifique, aux gestionnaires de la faune, aux responsables de la réglementation sur la faune et au grand public.
La force du nombre
Si vous avez visité une de nos stations de recherche, vous vous êtes peut-être demandé comment les données étaient utilisées. À l’échelle d’une station, il est possible d’observer le déclin ou l’augmentation d’une espèce et de mener des projets spécifiques dans un cadre standardisé. En revanche, une multitude de facteurs peuvent influencer ces chiffres, et l’échantillon étudié ne reflète qu’une partie de la forêt boréale.
En regroupant les données de l’ensemble des stations et en tenant compte de l’effort de suivi, il devient possible de réaliser des analyses représentatives de l’ensemble du pays. Ces données sont particulièrement importantes, car elles s’intéressent à l’une des périodes du cycle de vie des oiseaux la moins connue, pourtant essentielle, la migration. Les informations recueillies par les observatoires ont donné lieu à plus de 200 publications scientifiques originales, portant principalement sur les migrations aviaires. Ces publications couvrent une grande diversité de sujets, dont la connectivité migratoire, les effets des changements climatiques, les charges en contaminants ou le moment et l’ampleur des migrations irruptives.
Projets à venir
Récemment, un effort important a été fait pour rassembler et uniformiser, lorsque possible, l’ensemble des protocoles de recherche, afin de permettre des analyses de tendances fiables à large échelle. Ces protocoles, disponibles en ligne sur la plateforme NatureCounts, ainsi que les données des observatoires, rendent accessibles des données de qualité, fruit d’un effort combiné de biologistes, bénévoles et passionnés. Ces données, disponibles gratuitement, ouvrent la porte à une multitude de projets à grande échelle, permettant de répondre à de nombreuses questions, comme l’effet des feux de forêt ou des sécheresses sur les communautés d’oiseaux.
Mais l’un des principaux défis des observatoires reste le financement. La rencontre au début novembre a permis de partager des bonnes pratiques, adaptations et stratégies entre les différents observatoires, dans le but de pérenniser ces suivis essentiels à long terme. L’éducation étant également au cœur de la mission de la plupart des observatoires, de nombreuses idées d’activités ont été échangées.
Remerciements
Nous souhaitons remercier chaleureusement Oiseaux Canada et l’Observatoire d’oiseaux de Long Point pour leur accueil et pour l’organisation de cette rencontre, ainsi que le comité du Réseau canadien de surveillance des migrations. Nous exprimons également notre profonde gratitude envers les milliers de bénévoles, les donateurs et les organisations partenaires, dont le soutien constant rend possible le fonctionnement des observatoires et la poursuite de la mission du Réseau.