Par Alexandre Terrigeol
Lorsque l’on pense à une croisière sur le Saint-Laurent, les baleines sont généralement les premières à venir en tête. Pourtant, le fleuve et l’estuaire du Saint-Laurent offrent également des conditions exceptionnelles pour l’observation des oiseaux en général et notamment les oiseaux marins au Québec. Du printemps à l’automne, de nombreuses espèces utilisent ces eaux riches en nourriture comme halte migratoire, aire d’alimentation ou corridor de déplacement.
Un spectacle printanier unique
Au printemps, le Saint-Laurent devient une importante halte migratoire pour de nombreuses espèces d’oiseaux marins. Après avoir passé l’hiver plus au sud, ces oiseaux remontent vers leurs sites de reproduction et profitent des eaux riches en nourriture de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent pour reprendre des forces.
À cette période de l’année, les canards de mer, comme la Macreuse à front blanc arborent leur plumage nuptial, tandis que les Petits pingouins et Guillemots marmettes préparent leurs nidifications sur les îles du Fleuve. Mais les stars sont généralement les Sternes arctiques que l’on peut parfois observer par centaines, alors qu’elles viennent de réaliser un vol vertigineux de près de 70 000 km depuis leur dernière observation. Ces dernières attireront également les labbes, ces pirates des mers, qui chercheront à leur voler, et parfois recracher, leur nourriture.
Plusieurs autres espèces d’oiseaux pélagiques peuvent également être observées selon la période et les conditions et des experts en ornithologie vous accompagnent pour vous aider à les identifier et pour en savoir plus sur leurs habitudes.
L’automne, sur la route du sud
À l’automne, le scénario se répète dans l’autre direction. Les oiseaux quittent leurs territoires de reproduction pour rejoindre leurs aires d’hivernage, et le Saint-Laurent devient à nouveau une halte migratoire majeure. Pour plusieurs espèces, cette période représente une étape essentielle avant la longue traversée vers le sud.
Les croisières permettent alors de se rapprocher des « barres de courants ». Celles-ci se forment à la surface de l’océan lorsque deux masses d’eau ayant des températures, des salinités ou des vitesses différentes se rencontrent, créant une remontée de nutriments et donc de nourriture pour les oiseaux. On peut donc avoir la chance d’observer le Phalarope à bec étroit, ou plus rarement le Phalarope à bec large, qui vont notamment nager en cercle pour faire remonter le plancton dont ils se nourrissent. La Mouette de Sabine, qui aura niché dans l’arctique, pourra également être observée, accompagnée des plus communes Mouettes de Bonaparte et Mouettes tridactyle.
Le Macareux moine pourra également être observé à partir de la mi-septembre, alors qu’il viendra lui aussi s’alimenter avant de migrer sur la côte-est des États-Unis. C’est donc une période particulièrement intéressante pour observer des espèces qui ne fréquentent le fleuve que durant une partie de l’année.
Pourquoi observer les oiseaux marins du Saint-Laurent ?
Au-delà de l’expérience d’observation, les croisières offrent une occasion privilégiée de mieux comprendre l’écologie des oiseaux marins et d’avoir une proximité saisissante.
Accompagnés de guides expérimentés, les participants peuvent apprendre à reconnaître les différentes espèces, leurs comportements et les liens qui les unissent à l’écosystème du Saint-Laurent. Par exemple, saviez-vous qu’il existait à peine plus de 300 espèces d’oiseaux marins (contre près de 11 000 dans le monde), alors que les océans couvrent 71% de la surface de la Terre ?
Les observations réalisées sur le terrain peuvent également contribuer à documenter la présence et l’abondance de certaines espèces. Les connaissances sur les oiseaux marins étant malheureusement limitées, ces observations contribuent à mieux comprendre les oiseaux marins qui profitent des eaux riches du Saint-Laurent. En partageant ces connaissances, les croisières peuvent ainsi jouer un rôle important dans la conservation des milieux marins et des espèces qui en dépendent.
Une expérience unique sur le Fleuve
Finalement, les croisières permettent de créer un contact direct avec un milieu naturel exceptionnel. Observer un oiseau marin en alimentation à quelques mètres de nous ou découvrir une espèce que l’on n’avait jamais vue auparavant contribue à développer un sentiment d’émerveillement et d’attachement envers le Saint-Laurent. Ces expériences rappellent que le fleuve n’est pas seulement une voie navigable : c’est un écosystème vivant, essentiel à une multitude d’espèces, dont plusieurs parcourent chaque année des milliers de kilomètres. En prenant le temps de l’observer et de le comprendre, chacun peut mieux saisir l’importance de préserver cet environnement pour les générations futures. Depuis 2026, nous avons le plaisir de collaborer avec Du Fleuve pour réaliser des croisières au printemps et à l’automne, ainsi qu’avec Croisières Neptune, dans le cadre du Festival des oiseaux migrateurs de la Côte-Nord.
Questions fréquentes sur les croisières aux oiseaux marins
- Quelle est la meilleure période pour observer les oiseaux marins ?
Cela dépend des espèces que vous souhaitez observer. Entre la mi-mai et la mi-juin, la migration des oiseaux rend le secteur particulièrement exceptionnel. Durant l’été, l’activité peut être plus calme, à l’exception des secteurs situés à proximité des colonies d’oiseaux. L’activité sur le fleuve reprend au mois de septembre et se poursuit jusqu’à la fin octobre.
- Quels oiseaux peut-on voir lors d’une croisière ?
Il est possible d’observer près de 30 espèces d’oiseaux marins, selon la saison. Les espèces les plus recherchées sont généralement le Macareux moine, le Petit Pingouin, le Guillemot marmette, le Phalarope à bec étroit, le Phalarope à bec large, le Labbe parasite, le Labbe à longue queue, le Labbe pomarin, le Fou de Bassan, la Sterne pierregarin, la Sterne arctique, la Mouette de Sabine, la Mouette tridactyle, la Mouette de Bonaparte, la Mouette pygmée, ainsi que six espèces de goélands.
- Peut-on observer les oiseaux marins depuis Tadoussac ?
Tout à fait ! Les croisières aux baleines sont une bonne occasion d’observer des oiseaux marins. En revanche, ceux-ci ne sont généralement pas la priorité de ces excursions, et les connaissances des guides peuvent être plus limitées concernant ce groupe d’espèces. Il est également possible d’observer certaines de ces espèces depuis le rivage, mais il faut généralement être équipé d’une longue-vue.
- Faut-il être un expert en ornithologie pour participer à une croisière ?
Non ! Nos guides sont là pour vous aider à trouver et à observer les oiseaux, tout en vous donnant des conseils pour apprendre à les identifier. Les croisières sont donc une excellente occasion de découvrir de nouvelles espèces, que vous soyez débutant ou ornithologue expérimenté.
- Quelle différence y a-t-il entre une croisière aux baleines et une croisière aux oiseaux marins ?
Les croisières aux oiseaux marins ciblent des secteurs particulièrement riches en oiseaux, même s’il est également possible d’y observer des mammifères marins. Ces secteurs, bien que souvent similaires à ceux fréquentés lors des croisières aux baleines, sont généralement situés plus au large et comprennent des zones de convergence de courants, qui regroupent une grande diversité d’oiseaux, comme mentionné précédemment.
- Comment réserver ?
Rien de plus simple, pour le printemps et l’automne, rendez-vous sur : www.dufleuve.com pour réserver votre place.
Pour les croisières qui auront lieu du 21 au 27 septembre 2026, vous pouvez réserver votre place sur la plateforme Zeffy : www.zeffy.com